Soin d'escarre : fiche technique pour soignants (prévention et soins) | FDS - Blog Soins Infirmiers

Introduction Les escarres, également appelées ulcères de pression ou plaies de lit, sont des lésions de la peau et des tissus sous-jacents résultant d'une pression prolongée sur la peau. Elles surviennent fréquemment chez les patients alités ou immobilisés pour une longue période. Les soins infirmiers jouent un rôle crucial dans la prévention, l'identification précoce et le traitement des escarres. Ce texte explore en détail les divers aspects des soins infirmiers en cas d'escarres, y compris l'évaluation des risques, les stratégies de prévention, les interventions de traitement et l'importance de l'éducation des patients et des soignants. Évaluation des risques Identification des facteurs de risque Les infirmières doivent être formées pour identifier les patients à risque de développer des escarres. Plusieurs facteurs de risque doivent être évalués, notamment : Mobilité réduite : Les patients incapables de se déplacer ou de changer de position régulièrement sont particulièrement vulnérables. Incontinence : L'exposition prolongée à l'humidité due à l'incontinence urinaire ou fécale peut fragiliser la peau. Nutritional Status : La malnutrition et la déshydratation affaiblissent la peau et les tissus sous-jacents. Etat de santé général : Les conditions médicales telles que le diabète, les maladies vasculaires, et les troubles neurologiques augmentent le risque. Facteurs liés à l'âge : Les personnes âgées sont plus susceptibles de développer des escarres en raison de la fragilité accrue de leur peau. Utilisation d'outils d'évaluation Les infirmières utilisent divers outils d'évaluation pour identifier les patients à risque. Parmi les plus courants, on trouve l'échelle de Braden, qui évalue six critères : la perception sensorielle, l'humidité, l'activité, la mobilité, la nutrition et la friction/cisaillement. Une autre échelle couramment utilisée est l'échelle de Norton, qui prend en compte l'état physique, l'état mental, l'activité, la mobilité et l'incontinence. Surveillance continue Une fois qu'un patient est identifié comme étant à risque, une surveillance continue est essentielle. Cela comprend des évaluations régulières de la peau, des changements dans l'état de santé du patient et des ajustements dans les soins en fonction des besoins. Stratégies de prévention Repositionnement fréquent La prévention des escarres repose en grande partie sur le repositionnement fréquent des patients immobilisés. Les patients doivent être changés de position toutes les deux heures pour soulager la pression sur les points sensibles. Les infirmières doivent s'assurer que le repositionnement est effectué correctement pour éviter toute nouvelle blessure. Utilisation de dispositifs de décharge de pression Divers dispositifs peuvent aider à réduire la pression sur les zones vulnérables : Matelas et coussins spécialisés : Les matelas en mousse, à air ou à eau peuvent répartir la pression plus uniformément. Talonnières et coussins : Ces dispositifs soulagent la pression sur les talons et autres points d'appui. Soins de la peau Les soins de la peau sont essentiels pour prévenir les escarres. Les infirmières doivent : Maintenir la peau propre et sèche. Utiliser des nettoyants doux et éviter les frictions excessives. Appliquer des hydratants pour maintenir l'intégrité de la peau. Utiliser des barrières protectrices en cas d'incontinence. Nutrition adéquate Une nutrition adéquate est cruciale pour la prévention des escarres. Les infirmières doivent s'assurer que les patients reçoivent une alimentation équilibrée riche en protéines, en vitamines et en minéraux. Une attention particulière doit être portée à l'apport en protéines, en zinc et en vitamine C, qui sont essentiels pour la santé de la peau et la cicatrisation des plaies. Éducation des patients et des soignants L'éducation joue un rôle clé dans la prévention des escarres. Les infirmières doivent : Enseigner aux patients et aux soignants l'importance du repositionnement fréquent. Fournir des instructions sur les soins de la peau et la gestion de l'incontinence. Sensibiliser aux signes précoces des escarres et à la nécessité de signaler immédiatement tout changement. Interventions de traitement Évaluation et classification des escarres Lorsqu'une escarre se développe, une évaluation minutieuse est nécessaire pour déterminer le stade et la gravité de la plaie. Les escarres sont classées en quatre stades : Stade 1 : Rougeur de la peau intacte qui ne blanchit pas sous la pression. Stade 2 : Perte partielle de l'épaisseur de la peau, impliquant l'épiderme et/ou le derme. Stade 3 : Perte totale de l'épaisseur de la peau, avec dommage ou nécrose du tissu sous-cutané. Stade 4 : Perte totale de l'épaisseur des tissus avec exposition de l'os, du tendon ou du muscle. Soins locaux des plaies Le traitement des escarres implique des soins locaux spécifiques, adaptés au stade de la plaie. Les étapes clés incluent : Nettoyage : Les plaies doivent être nettoyées régulièrement avec des solutions salines ou des nettoyants pour plaies pour prévenir l'infection. Débridement : Le retrait des tissus nécrotiques est essentiel pour favoriser la guérison. Cela peut être effectué de manière mécanique, chirurgicale, enzymatique ou autolytique. Utilisation de pansements appropriés : Les pansements doivent être choisis en fonction de l'état de la plaie. Les options incluent les hydrocolloïdes, les hydrogels, les alginates et les pansements en mousse. Gestion de la douleur La gestion de la douleur est une composante essentielle des soins infirmiers en cas d'escarre. Les patients souffrant d'escarres peuvent éprouver une douleur considérable, particulièrement lors des changements de pansements et du repositionnement. Les infirmières doivent : Évaluer régulièrement la douleur du patient en utilisant des échelles de douleur appropriées. Administrer des analgésiques selon les besoins et les prescriptions médicales. Utiliser des techniques non pharmacologiques pour soulager la douleur, telles que la relaxation, les techniques de respiration et les changements de position doux. Surveillance et suivi Le suivi régulier de l'évolution des escarres est crucial pour évaluer l'efficacité du traitement et apporter les ajustements nécessaires. Les infirmières doivent : Documenter l'état de la plaie à chaque changement de pansement, en notant la taille, la profondeur, la présence d'exsudat et les signes d'infection. Communiquer régulièrement avec l'équipe médicale pour discuter de l'évolution de la plaie et ajuster les plans de traitement en conséquence. Éduquer les patients et les soignants sur l'importance de signaler tout changement dans l'apparence ou l'état de la plaie. Prévention des complications Les escarres peuvent entraîner des complications graves si elles ne sont pas traitées correctement. Les infirmières doivent être vigilantes quant aux signes de complications potentielles, telles que : Infection : Les signes d'infection incluent la rougeur, la chaleur, l'enflure, la douleur accrue et la présence de pus. Une infection peut nécessiter un traitement antibiotique. Ostéomyélite : L'infection peut s'étendre aux os sous-jacents, nécessitant des interventions médicales plus agressives. Septicémie : Une infection non contrôlée peut se propager dans la circulation sanguine, entraînant une septicémie, une condition potentiellement mortelle. Éducation des patients et des soignants Importance de l'éducation L'éducation des patients et des soignants est un aspect essentiel des soins infirmiers en cas d'escarre. Une bonne compréhension des facteurs de risque, des stratégies de prévention et des signes avant-coureurs d'escarre.
Escarre : stade 1 - Causes, traitements Une rougeur passée inaperçue est la porte ouverte à bien des dégâts… L'escarre s'installe parfois très vite et la prévention a donc toute son importance.

Prévention de l'escarre par l'alimentation


On pense avoir fait notre travail lorsqu’on a effleuré un talon ou un sacrum… Mais on peut faire bien mieux. Les personnes âgées ont souvent dénutries, de par la physiologie du vieillissement : c’est-à-dire qu’elles manquent de protéines.
Pour cela il existe des compléments alimentaires à administrer sur prescription médicale et à condition que la personne ne soit pas à risque de se déshydrater. En effet, la toxicité rénale peut avoir des conséquences non souhaitables.
Bien entendu, avant d’avoir recours aux protéines il convient de s’assurer que la personne mange équilibré (portion de viandes ?).
Bien hydrater pour prévenir l'escarre

Boire, si besoin solliciter une prescription de perfusion pour que les apports soient suffisants contribue à lutter contre la survenue de l’escarre. En cas de chaleur, les soignants sont plus vigilants mais attention : en EHPAD le chauffage est parfois très élevé et l’hiver peut donc déshydrater presqu’autant que l’été… Soigner, c’est s’adapter !
Alterner les positions pour limiter l'altération de l'état cutané

Effectivement, la cause de l’escarre étant le point d’appui sur un plan dur (mais parfois un plan « mou » suffit !) la technique la plus basique et la plus efficace est de mobiliser les personnes à risque : les motiver à ne pas rester au lit ou assis toute la journée, pour les personnes grabataires les aider à s’allonger tantôt sur un côté, tantôt sur l’autre…



Pour y parvenir les équipes doivent passer régulièrement dans les chambres, mais avec le manque de personnel cela devient de plus en plus compliqué, malgré une bonne organisation : la crise est un risque d’escarre ?
les gestes qui préviennent en soins infirmiers

C’est en analysant la situation de chaque patient que l’on détermine leurs risques plus ou moins grand de développer des escarres (démarche de soin escarre). Chez les personnes à risques on met en place des soins adaptés : effleurage des zones à risque (points d’appui sollicités selon la position), éviter les plis des vêtements, des draps, bien sécher la peau et l’hydrater avec un produit gras (huile Sanyrène ou crème Bepanthen).
En résumé la prévention d’escarre c’est 4 domaines : alimentation, hydratation, position et soins locaux.
En résumé la prévention d’escarre passe par 4 domaines : alimentation, hydratation, position et soins locaux.
Les 4 stades de l'escarre : symptômes principaux

Le dernier stade peut arriver très vite si rien n'est fait : il existe divers soins pour enrailler la progression de l'altération de la peau.
Cliquez sur chaque stade pour découvrir les soins à réaliser.

Stade 1 Rougeur : érythème persistant, parfois douloureux. Il faut agir dès cette étape pour éviter l'évolution vers les stades suivants.

Stade 2 Phlyctène : cloque séreuse (liquide transparent) ou composée de sang (noire : à ne pas confondre avec la nécrose !.

Stade 3 Ulcération : la plaie atteint les tissus sous cutanés, avec l'apparition d'un ulcère, de fibrine (élément intervenant dans la cicatrisation et qui ici, peut justement empêcher le processus de cicatrisation en cas d'abondance de fibrine). A ce stade, l'ulcère progresse si rien n'est fait, pouvant laisser paraître l'os.

Stade 4 Nécrose : les tissus sont noirs et sans vie.


Bien évidemment, l'idéal est d'agir en prévention : il ne suffit pas de pratiquer l'effleurage ou d'alterner les positions. Bien d'autres facteurs entre en compte, découvrez-les dans nos fiches techniques de soins infirmiers.

Si le premier stade de l'escarre est le plus bénin, il nécessite néanmoins des soins et une attention particulière. Pour comprendre les causes et mécanismes de l'escarre de stade 1, je vous invite en premier à comprendre le fonctionnement global d'un escarre, en parcourant cette fiche par exemple: définition de l'escarre.

Escarre de stade 1 = érythème

Le premier stade de l’escarre est l’érythème : cette rougeur est décelable car elle persiste dans le temps contrairement aux marques que notre peau peut avoir momentanément. Elle est souvent douloureuse et lorsque le patient peut s’exprimer, il indiquera qu’il a mal à l’endroit précis : c’est une des circonstances de découverte d’un début d’escarre.

On constate également cette altération de l’état cutané lors de soins comme la toilette : d’où l’importance d’être observateur et à l’écoute pendant le soin.

Soins d'escarre de stade 1


L'érythème doit disparaître rapidement si la prise en charge est adaptée et cohérente d'un soignant à l'autre. Sinon, on peut voir apparaître une phlyctène : c'est le second stade de l'escarre auquel on prodiguera d'autres soins.

Prévention et soins complémentaires de l'escarre stade 1

Pour accélérer la guérison de ce premier stade de l'escarre, il faut mettre tout ce qui est possible en oeuvre : c'est-à-dire que tous les principes de prévention restent de vigueur. C'est le cas notamment de la mise en place d'un matelas anti-escarre : ce procédé doit être réfléchi, et fait généralement suite à une évaluation AGGIR.

Si le stade 1 n'est pas bien soigné, ou malgré les soins, il évolue au stade 2.

Pourquoi se forme l'escarre de stade 1?

C'est généralement un concours de circonstances qui amènent à l'escarre de stade 1. Alitement prolongé et dénutrition étant le cocktail idéal pour développer des escarres. C'est pourquoi les équipes se relaient pour faire alterner les positions du patient. Le contact entre le plan dur (lit, assise de fauteuil, brancard...) et l'os comprime les tissus au point de former une rougeur. Plus ou moins rapidement, la nécrose peut s'installer (nécrose = mort des tissus). Le manque de circulation sanguine sur cette zone comprimée, aggravée par l'altération de la mobilité sont donc à l'origine de l'escarre de stade 1.

On risque parfois de la confondre avec une nécrose. En effet, la phlyctène (ampoule) caractéristique du stade 2 contient soit un liquide séreux transparent, soit une collection de sang donnant une apparence noire comme celle d'un escarre de stade final.
Retrouvez la définition de l'escarre pour comprendre les causes et mécanismes de l'escarre.

Symptômes de l'escarre de stade 2



Quels soins apporter à l'escarre stade 2?


La phlyctène doit être percée à l'aide d'un scalpel, stérile. Après avoir nettoyé l'escarre selon les règles du pansement stérile, on ouvre la phlyctène en favorisant l'écoulement de sérosité ou de sang.
Soyons vigilant à ne pas provoquer d'autres saignements qui retarderaient la bonne évolution de la cicatrisation.
Ensuite il convient de recouvrir la plaie avec un matériel adapté : le but est à la fois de faire sécher la plaie tout en créant une seconde peau. On déconseille l'éosine car elle masque l'état cutané et risque de cacher une aggravation à laquelle le soignant ne pourrait guère réagir.


Qu'est-ce qui caractérise l'ulcère concrètement? Le troisième stade de l'escarre se soigne-t-il comme un simple ulcère?
Retrouvez la définition de l'escarre pour comprendre les causes et mécanismes de l'escarre.

Principes de l'ulcération de l'escarre


L'escarre commence par le stade de l'érythème (stade 1), puis celui de la phylctène (deuxième stade). S'il n'est pas soigné efficacement (malgré les bons soins, l'équipe ne peut pas toujours empêcher la dégradation de l'escarre), il évolue vers un ulcère (stade 3).
Sur ce type de plaie béante où l'on voit clairement la chair, le rôle infirmier est de favoriser le bourgeonnement caractérisé par une rougeur saine des tissus. Pour cela on doit retirer les excès de fibrine (filament jaunâtre ici en bas de l'image) qui ralentit le processus de cicatrisation.
Si le travail est bien réalisé, le bourgeon reprend le dessus et l'on peut espérer diminuer le diamètre de l'escarre jusqu'à le guérir. Ce processus est plus ou moins long, selon la taille de l'escarre, la santé du patient et la qualité de prise en charge par l'équipe de soins. Si au contraire, l'ulcère s'aggrave, l'escarre peut atteindre le quatrième stade.

Pansement de l'escarre stade 3


Il s'agit d'un soin stérile, et c'est grâce au scalpel ou à une paire de ciseaux de set à pansement que l'on découpe la fibrine lorsque c'est possible : à l'aide d'une pince on maintient une extrémité de fibrine et on découpe à ras de la peau en prenant soin de ne pas toucher la partie bourgeonnante qui risquerait de saigner. Bien sûr ce "découpage" commence après nettoyage de la plaie à l'eau stérile (et non pas au serum physiologique, qui est salé, et peut faire souffrir...). L'escarre de stade 3 est un soin important, demandant dextérité et capacité d'analyse de la situation.
Après l'ablation de fibrine, on comble la plaie soit avec du charbon (diminue les odeurs) soit avec une mèche d'alginate, laquelle absorbe les excès sécrétoires. Généralement on la recouvre ensuite d'une plaque adhésive épaisse (hydrocellulaire) qui va elle aussi retenir les sécrétions et ainsi accélérer le processus de cicatrisation.

La prise en charge de la douleur de l'escarre stade 3


A ce stade 3 de l'escarre, les patients souffrent beaucoup : en collaboration avec le médecin on met en place un antalgique comme une injection sous-cutanée de morphine 45 minutes avant le soin. Bien d'autres solutions sont possibles : travailler en binôme pour diminuer le nombre de manipulations de la personne. L'infirmière fait la toilette avec une aide-soignante et réalise le pansement au moment le plus opportun (confort du patient et hygiène).
Si malheureusement les bons soins n'ont pas permis d'enrayer l'escarre, tôt ou tard arrivera le stade 4 de l'escarre : la nécrose...

Stade le plus grave de l’escarre, la nécrose doit être vite enrayée pour éviter qu’elle atteigne l’os.

La nécrose


Elle fait suite à un escarre présent depuis longtemps ou pas: souvent, l'escarre passe par les stade 1, stade 2, stade 3 avant d'en arriver à ce stade 4. Peau noircie voire "cartonnée", c'est-à-dire avec une peau devenue très rigide, dure : c'est la nécrose.
Le patient ne sent pas lorsqu'on touche la peau, mais il souffre des douleurs qui concernent les tissus sous-cutanés.
A ce stade, vous devez avoir mis en place un matelas anti-escarre depuis longtemps ainsi que les actes de prévention de l’escarre.

La scarification


Rappelons que le soin d'escarre est un pansement stérile, auquel on ajoute plusieurs actions selon le stade et selon les besoins du patient. Ici par exemple, la priorité est d'enlever la nécrose pour permettre aux tissus de cicatriser et non pas de continuer à gangréner.
Pour ôter l’épiderme devenu noir, nous devons d'abord la ramollir : ensuite celle-ci pourra être nettoyée à l’eau stérile. Si cette étape n’est pas effectuée la nécrose ne peut être retirée sans blesser et faire saigner la plaie.
A l’aide d’un scalpel on trace donc comme une grille sur la nécrose (en enfonçant très peu dans la peau) qui permet au produit que l’on dépose ensuite sur la nécrose d’être imbibé. Ce produit est un hydrogel comme le Purillon®.
Ce gel ne doit pas toucher la peau saine au risque de la léser : l’hydrogel décape !

Quel pansement sur un escarre nécrosé?


Après avoir scarifié et administré le gel, l’idéal est de couvrir l'escarre avec une plaque hydrocolloïde fine et transparente (ou opaque, ce n’est pas gênant). En effet si l’on utilise une plaque hydrocellulaire (plus épaisse) celle-ci va absorber le produit qui n’aura donc aucun effet…
Si la personne risque de décoller la plaque (chez les personnes Alzheimer ou souffrant de maladies psy) on la renferme dans une bande quand c’est possible : veillons cependant à ne pas serrer pour ne pas incruster la plaque dans la peau… Surtout chez les personnes âgées, leur peau est tellement fragile.

Quand arrêter l'Hydrogel ?


Lorsqu’il n’y a plus de nécrose ! Pas avant : ce qui compte c’est de constater une évolution régulière et de ne pas mettre de Purillon® sur une peau saine ou bourgeonnante : cela ferait des dégâts !

Escarre sacré


Non il ne s'agit pas d'un sacré escarre, mais d'un escarre sacré (sacrum) aussi appelé escarre fessier. Il se forme suite à l'appui du corps sur le sacrum. Les patients qui en sont atteints doivent être positionnés autrement qu'en décubitus (sur le dos), et changer de position régulièrement afin d'éviter la formation d'autres escarres sur de nouveaux points d'appui comme les hanches.

Escarre talon


Il fait partie des escarres les plus couramment rencontrés. Les soignants peuvent surélever le pied afin d'éviter que le talon touche le lit, grâce à un oreiller posé sous le mollet.

Escarre malléole


La malléole est l'os de la cheville. L'escarre peut apparaître sur l'os proéminent (malléole externe) ou sur l'autre côté (malléole interne). Le patient devra plutôt dormir sur le dos. Les habitudes de sommeil sont cependant difficiles à modifier. Pour aider le patient à garder la bonne position tout au long de la nuit, il est possible de poser des oreillers entre les jambes et entre la jambe et la barrière du lit. Attention toutefois à ce qu'un escarre talon ou fessier n'apparaisse pas !

Soins complémentaires


Toutes les règles de prévention autour de l'escarre et les soins complémentaires.
Matelas anti-escarre
Si le stade 1 n'est pas bien soigné, ou malgré les soins, il évolue au stade 2.

Pourquoi se forme l'escarre de stade 1?

C'est généralement un concours de circonstances qui amènent à l'escarre de stade 1. Alitement prolongé et dénutrition étant le cocktail idéal pour développer des escarres. C'est pourquoi les équipes se relaient pour faire alterner les positions du patient. Le contact entre le plan dur (lit, assise de fauteuil, brancard...) et l'os comprime les tissus au point de former une rougeur. Plus ou moins rapidement, la nécrose peut s'installer (nécrose = mort des tissus). Le manque de circulation sanguine sur cette zone comprimée, aggravée par l'altération de la mobilité sont donc à l'origine de l'escarre de stade 1.

On risque parfois de la confondre avec une nécrose. En effet, la phlyctène (ampoule) caractéristique du stade 2 contient soit un liquide séreux transparent, soit une collection de sang donnant une apparence noire comme celle d'un escarre de stade final.
Retrouvez la définition de l'escarre pour comprendre les causes et mécanismes de l'escarre.

Symptômes de l'escarre de stade 2



Quels soins apporter à l'escarre stade 2?


La phlyctène doit être percée à l'aide d'un scalpel, stérile. Après avoir nettoyé l'escarre selon les règles du pansement stérile, on ouvre la phlyctène en favorisant l'écoulement de sérosité ou de sang.
Soyons vigilant à ne pas provoquer d'autres saignements qui retarderaient la bonne évolution de la cicatrisation.
Ensuite il convient de recouvrir la plaie avec un matériel adapté : le but est à la fois de faire sécher la plaie tout en créant une seconde peau. On déconseille l'éosine car elle masque l'état cutané et risque de cacher une aggravation à laquelle le soignant ne pourrait guère réagir.


Qu'est-ce qui caractérise l'ulcère concrètement? Le troisième stade de l'escarre se soigne-t-il comme un simple ulcère?
Retrouvez la définition de l'escarre pour comprendre les causes et mécanismes de l'escarre.

Principes de l'ulcération de l'escarre


L'escarre commence par le stade de l'érythème (stade 1), puis celui de la phylctène (deuxième stade). S'il n'est pas soigné efficacement (malgré les bons soins, l'équipe ne peut pas toujours empêcher la dégradation de l'escarre), il évolue vers un ulcère (stade 3).
Sur ce type de plaie béante où l'on voit clairement la chair, le rôle infirmier est de favoriser le bourgeonnement caractérisé par une rougeur saine des tissus. Pour cela on doit retirer les excès de fibrine (filament jaunâtre ici en bas de l'image) qui ralentit le processus de cicatrisation.
Si le travail est bien réalisé, le bourgeon reprend le dessus et l'on peut espérer diminuer le diamètre de l'escarre jusqu'à le guérir. Ce processus est plus ou moins long, selon la taille de l'escarre, la santé du patient et la qualité de prise en charge par l'équipe de soins. Si au contraire, l'ulcère s'aggrave, l'escarre peut atteindre le quatrième stade.

Pansement de l'escarre stade 3


Il s'agit d'un soin stérile, et c'est grâce au scalpel ou à une paire de ciseaux de set à pansement que l'on découpe la fibrine lorsque c'est possible : à l'aide d'une pince on maintient une extrémité de fibrine et on découpe à ras de la peau en prenant soin de ne pas toucher la partie bourgeonnante qui risquerait de saigner. Bien sûr ce "découpage" commence après nettoyage de la plaie à l'eau stérile (et non pas au serum physiologique, qui est salé, et peut faire souffrir...). L'escarre de stade 3 est un soin important, demandant dextérité et capacité d'analyse de la situation.
Après l'ablation de fibrine, on comble la plaie soit avec du charbon (diminue les odeurs) soit avec une mèche d'alginate, laquelle absorbe les excès sécrétoires. Généralement on la recouvre ensuite d'une plaque adhésive épaisse (hydrocellulaire) qui va elle aussi retenir les sécrétions et ainsi accélérer le processus de cicatrisation.

La prise en charge de la douleur de l'escarre stade 3


A ce stade 3 de l'escarre, les patients souffrent beaucoup : en collaboration avec le médecin on met en place un antalgique comme une injection sous-cutanée de morphine 45 minutes avant le soin. Bien d'autres solutions sont possibles : travailler en binôme pour diminuer le nombre de manipulations de la personne. L'infirmière fait la toilette avec une aide-soignante et réalise le pansement au moment le plus opportun (confort du patient et hygiène).
Si malheureusement les bons soins n'ont pas permis d'enrayer l'escarre, tôt ou tard arrivera le stade 4 de l'escarre : la nécrose...

Stade le plus grave de l’escarre, la nécrose doit être vite enrayée pour éviter qu’elle atteigne l’os.

La nécrose


Elle fait suite à un escarre présent depuis longtemps ou pas: souvent, l'escarre passe par les stade 1, stade 2, stade 3 avant d'en arriver à ce stade 4. Peau noircie voire "cartonnée", c'est-à-dire avec une peau devenue très rigide, dure : c'est la nécrose.
Le patient ne sent pas lorsqu'on touche la peau, mais il souffre des douleurs qui concernent les tissus sous-cutanés.
A ce stade, vous devez avoir mis en place un matelas anti-escarre depuis longtemps ainsi que les actes de prévention de l’escarre.

La scarification


Rappelons que le soin d'escarre est un pansement stérile, auquel on ajoute plusieurs actions selon le stade et selon les besoins du patient. Ici par exemple, la priorité est d'enlever la nécrose pour permettre aux tissus de cicatriser et non pas de continuer à gangréner.
Pour ôter l’épiderme devenu noir, nous devons d'abord la ramollir : ensuite celle-ci pourra être nettoyée à l’eau stérile. Si cette étape n’est pas effectuée la nécrose ne peut être retirée sans blesser et faire saigner la plaie.
A l’aide d’un scalpel on trace donc comme une grille sur la nécrose (en enfonçant très peu dans la peau) qui permet au produit que l’on dépose ensuite sur la nécrose d’être imbibé. Ce produit est un hydrogel comme le Purillon®.
Ce gel ne doit pas toucher la peau saine au risque de la léser : l’hydrogel décape !

Quel pansement sur un escarre nécrosé?


Après avoir scarifié et administré le gel, l’idéal est de couvrir l'escarre avec une plaque hydrocolloïde fine et transparente (ou opaque, ce n’est pas gênant). En effet si l’on utilise une plaque hydrocellulaire (plus épaisse) celle-ci va absorber le produit qui n’aura donc aucun effet…
Si la personne risque de décoller la plaque (chez les personnes Alzheimer ou souffrant de maladies psy) on la renferme dans une bande quand c’est possible : veillons cependant à ne pas serrer pour ne pas incruster la plaque dans la peau… Surtout chez les personnes âgées, leur peau est tellement fragile.

Quand arrêter l'Hydrogel ?


Lorsqu’il n’y a plus de nécrose ! Pas avant : ce qui compte c’est de constater une évolution régulière et de ne pas mettre de Purillon® sur une peau saine ou bourgeonnante : cela ferait des dégâts !

Escarre sacré


Non il ne s'agit pas d'un sacré escarre, mais d'un escarre sacré (sacrum) aussi appelé escarre fessier. Il se forme suite à l'appui du corps sur le sacrum. Les patients qui en sont atteints doivent être positionnés autrement qu'en décubitus (sur le dos), et changer de position régulièrement afin d'éviter la formation d'autres escarres sur de nouveaux points d'appui comme les hanches.

Escarre talon


Il fait partie des escarres les plus couramment rencontrés. Les soignants peuvent surélever le pied afin d'éviter que le talon touche le lit, grâce à un oreiller posé sous le mollet.

Escarre malléole


La malléole est l'os de la cheville. L'escarre peut apparaître sur l'os proéminent (malléole externe) ou sur l'autre côté (malléole interne). Le patient devra plutôt dormir sur le dos. Les habitudes de sommeil sont cependant difficiles à modifier. Pour aider le patient à garder la bonne position tout au long de la nuit, il est possible de poser des oreillers entre les jambes et entre la jambe et la barrière du lit. Attention toutefois à ce qu'un escarre talon ou fessier n'apparaisse pas !

Soins complémentaires


Toutes les règles de prévention autour de l'escarre et les soins complémentaires.
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