Paracétamol : fiche de pharmacologie


Le paracatémol, plus connu sous son nom commercial "Doliprane" ou "Efferalgan" ou "Dafalgan", est un antipyrétique ( = médicament agissant contre l'hyperthermie) et un antalgique de palier 1 (efficacité sur les douleurs faibles à modérées, convenant à la plupart des douleurs courantes, y compris en post opératoire). Le médecin prescrit ce traitement en cas de fièvre ou de douleur, dans le cas d'un rhume (ou autre infection) avec fièvre ou dans les suites d'une chirurgie par exemple.

Son rapport efficacité - peu d'effets secondaires, a fait de lui l'un des médicaments les plus prescrits. Sous forme de comprimés à avaler, en sirop goût fraise pour les tous petits, sous perfusions à l'hôpital, le paracétamol améliore de nombreuses situations sur le plan médical.

Mécanismes d'action / Fonctionnement

Pour comprendre le fonctionnement du paracétamol, vous devez comprendre le fonctionnement de la douleur. Lorsqu'on ressent une douleur, par exemple à la jambe, c'est parce que la terminaison nerveuse (= cellules situées tout au long des nerfs) située à cet endroit douloureux, perçoit que quelque chose ne va pas et envoie un message au cerveau pour lui dire "aïe", faisant intervenir bien d'autres parties du système nerveux et le cerveau. C'est à partir de cet instant qu'on ressent la douleur.

Pour schématiser, le paracétamol a la capacité de rendre "aveugle" certaines parties du corps afin qu'elles ne voient pas ou n'envoient pas le message "aïe". Un peu comme un trafiquant de drogues qui paie la douane pour qu'elle le laisse passer sans rien dire. Oui, je regarde trop Breaking Bad et autres Narcos :-)

Vous me suivez toujours ou vous êtes partis sur Netflix ? Bon, alors on va rentrer un peu plus dans les détails. Le paracétamol entraîne un effet d'inhibition (cela veut dire qu'il empêche d'agir) au niveau de la cyclooxygénase (COX) dans le système nerveux central et exerce aussi une action au niveau périphérique, c'est-à-dire à l'endroit où on a mal. A part ça, on ne sait pas exactement comment fait le Paracétamol pour diminuer la douleur. Retenez donc déjà que le paracétamol empêche le message "douleur" de parcourir le système nerveux jusqu'au cerveau, permettant ainsi au patient de ne pas éprouver la douleur. Un peu comme si on lui coupait les oreilles, il n'entend plus. Voilà, désolée pour les comparaisons douteuses, mais vous connaissez l'état d'esprit général du site : apprendre les soins infirmiers avec un peu de légèreté quand même.

Posologie

Quand prendre le doliprane ?

Le doliprane peut être pris à raison d'une dose toutes les 4 à 6h, pendant ou entre les repas afin de soigner une douleur faible à modérée ou en prévention de récidive de douleurs.

Posologie par voie orale adulte

500mg ou 1g, 1 à 3 fois par jour, toutes les 4 à 6h (8h en cas d'insuffisance rénale), sans dépasser 3g/j (ou 4g/j sur prescription médicale)

Posologie par voie orale enfant

  • 27kg et +: 60mg/kg/jour. Lucie pèse 10 kilos, elle peut donc prendre 60mg x 10 = 600mg par jour au maximum.
  • 27 à 40kg : 500mg toutes les 6 heures (donc 4 prises maximm par jour)
  • 41 à 50kg : 500 mg toutes les 4 heures (donc 6 prises maximum par jour)
Dans tous les cas, on ne doit jamais dépasser 3g/jour.

Posologie perfusion

Le Paracétamol IV s'administre à raison de 4g/j maximum, réduit à 3g/j maximum en cas de problème hépatique à cause la toxicité hépatique provoquée par le paracétamol. La plupart des patients bénéficient donc d'une posolgie type de 1g x 4/24h. Une dose de Perfalgan s'administre en 15/20 minutes, ce qui revient à débit de 100 à 133 gouttes/min.

Voie d'administration

Le paracétamol est connu puor ses comprimés dans la forme générique, mais aussi chez Doliprane. Dafalgan propose une version en gélule en 500mg, et une en comprimé assez gros en 1000mg. Ce dernier peut facilement être cassé en 2 pour être avalé facilement. Il existe également des sachets, surtout en version pédiatrique (paracétamol enfant), avec un dosage spécial. Enfin, la version sirop pédiatrique, pour les nourrissons et jeunes enfants, avec une pipette permettant de doser le paracétamol en fonction du poids de l'enfant.

Voie injectable veineuse périphérique : perfusion

Le paracétamol peut être administré en perfusion lorsque le patient est hospitalisé. Cette voie d'administration offre l'avantage d'une meilleure efficacité de par son arrivée directe dans le sang.

Suppositoire

Oui, le paracétamol suppositoire existe. Personnellement, je n'en ai jamais vu ! L'utilisation doit être assez rare, réservée à des patients ne pouvant pas avaler les comprimés ni les gels / sirops / sachets et qui ne sont pas perfusés.

Femmes enceintes ou allaitantes

Le doliprane fait partie des médicaments que l'on peut prendre sans danger pendant la grossesse ou l'allaitement, en respectant les posolgies.

Contre-indications

Les personnes souffrant de certaines maladies ne devraient pas prendre de paracatémol : insuffisance rénale, maladie du foie (hépatite, cirrhose...) afin de ne pas aggraver leur état de santé. Le médecin peut leur prescrire des antalgiques ou antipyrétiques alternatifs.

Effets secondaires

Tout médicament provoque des effets indésirables, mais cela se présente assez rarement fort heureusement. Concernant le paracatémol, les effets secondaires sont également rares, la plupart son bénins, même s'il faut toujours rester vigilant lors de la présence de symptômes pouvant évoquer une réaction allergique, une intolérance. Les effets secondaires les plus fréquents (et donc restant rares) sont :
  • Comme tous médicaments contenant un sucre non absorbable tel que le Sorbitol, le doliprane peut provoquer une diarrhée en utilisation prolongée, sans que cela soit forcément inquiétant. La diarrhée peut aussi être un symptôme de toxicité foie (voir plus bas) et dans ce cas, il faut un avis médical.
  • Réactions cutanées (allergie) : arrêter le traitement afin d'éviter que des symptômes plus graves s'installent
  • Toxicité du foie (hépatotoxicité) : survient dans les cas de surdosage, provoquant une cytolyse hépatique (cyto = cellule, lyse = destruction, hépatique = foie). Les symptômes sont similaires à la majorité des pathologies touchant le foie : vomissements, diarrhées, selles décolorées, teint jaune (ictère = jaunisse) etc.

Pour tout soin infirmier, appliquez les règles essentielles à savoir :

  • - Vérifier la prescription médicale, l'identité du patient, les contre-indications éventuelles
  • - L'intégrité du matériel, sa date de péremption
  • - Les règles d'hygiène élémentaires (lavage des mains, ports des gants, asepsie...)
  • - Lisez les transmissions avant le soin et faites vos transmissions après.



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